01.09.2009
AUBE, la saga de l'Europe 249
Il s’était posé les mêmes questions, avait fait les mêmes déductions. Son voleur oublié, seuls importaient le roi du Joyau et ses hommes. Il suivrait leur piste dès le point du jour. Il dormirait en attendant. Bien reposé, il parcourrait une plus longue étape. Il serait le soir à très courte chevauchée de qui il cherchait.
Il se fit un lit de branchages – le sol était mouillé – et se couvrit de son épaisse peau de loup. Le froid ne put rien contre lui. Ses montures coupaient le vent. Leurs flancs fournissaient une agréable chaleur. Il s’assoupit sans tarder.
L'escorte avait pris la grande trouée. Il retourna auprès de son cheval dormant déjà. Il l’aurait volontiers imité jusqu’au coucher du soleil. Le devoir primait. Son somme serait très bref. Au besoin, il somnolerait dessus. Il devait à un moment quelconque la rattraper et passer devant.
Il avait eu un signe en revenant près du coursier. Un milan fondait du ciel sur sa proie. Il avait remercié les dieux. Sa seule chance d’atteindre son ennemi était le guet-apens. Frapper, tuer, et... Ils savaient ce qui lui arriverait ensuite. Il s’en remettait à eux.
Il dormit tranquille. À son réveil, frais et dispos, le soleil était à mi-course vers son plus haut. Son poursuivant était en route depuis l’aube, dernier de ses soucis.
La chevauchée continua. L’escorte avançait parmi les arbres dont les dernières feuilles tombaient, malgré une résistance désespérée et inutile. Les rares à survivre mourraient au printemps, tuées par la sève nouvelle. La seule tache verte restait les immenses bois de résineux, refuge des loups et autres mange-miel. Cette partie de la forêt était plus calme. Les fauves ne trouvaient que maigre pitance dans l’immense futaie au sol de feuilles pourrissantes.
La piste, sans être large, aurait permis à deux chariots, sauf en quelques passages étranglés, de se croiser avec un minimum d’efforts et de bonne volonté. Elle n'autorisait pas pour autant une longue halte. Il fallait, pour trouver un gîte parfait, où les montures se débanderaient et paîtraient tout à leur aise, parvenir à une clairière naturelle, bien élargie par les nombreux voyageurs. Elle donnerait l’hospitalité idéale. Ils pressèrent le pas. Ils arrivèrent, bien avant ciel rouge, dans d'anciens essarts où passer la nuit. Il faisait un peu meilleur. Ils prendraient un sommeil réparateur. Ils se présenteraient fiers et fringants. Quelle allure auraient-ils sinon, tout couverts de belles fourrures et équipés d’armes de héros qu’ils étaient, goutte au nez et reniflant ? Que chacun se repose jusqu’à santé revenue !
09:27 Publié dans Art et Culture, Europe, Histoire, Littérature, Loisirs, roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ancêtre, aventure, écrivain, épique, épopée, europe, européen, feuilleton, fresque historique, histoire








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